JEP 2025 : suivez le guide !
Château de Roquemartine | Evènements | Les Amis du Castellas de Roquemartine
Publié le 20 Oct, 2025

Nicolas Faucherre, Professeur émérite d’archéologie et d’histoire médiévale de l’Université d’Aix-Marseille, est administrateur de l’Association des « Amis du Castellas de Roquemartine« . Il nous entraîne à sa suite dans une visite guidée du château de Roquemartine lors des Journées européennes du patrimoine, dédiées en 2025 au patrimoine architectural.

Quel est le sens du bossage tabulaire si caractéristique du château de Roquemartine ?

L’appareil du château est caractérisé par son « bossage tabulaire ». Mais de quoi s’agit-il ? Le carrier a ciselé en forme de table la partie centrale des blocs de pierre aux arêtes vives dégagées au ciseau.

« Cette surface en saillie avec 4 biseaux aux angles permet de dégager ce bossage assez peu saillant, mais qui crée une animation plastique avec le jeu du soleil qui frise sur la surface et donne une impression de puissance dans le jeu de lumière et d’ombre ».

Mais à quoi sert ce bossage, outre sa fonction t esthétique ?

Empiler les pierres de taille pour les transporter, par barge ou par charroi, depuis la carrière distante de quelques kilomètres du château, aurait pour conséquence d’émousser les arêtes vives des blocs. La bosse est donc un moyen de protéger ces arêtes pendant le transport.

Le bossage rustique, laissant à l’état brut la partie saillante du bloc, est utilisé en Provence avant la croisade albigeoise. Le bossage tabulaire apparaît à partir des années 1240, avec l’arrivée du roi et de son frère, le Comte Charles d’Anjou en 1246. On l’observe notamment sur la forteresse d’Aigues-Mortes, ou à Villeneuve-lez-Avignon, grands chantiers royaux des années 1250-1280.

Le château de Roquemartine témoigne ainsi d’une influence royale. Il est difficile de rattacher son appareillage de bossage tabulaire au Comte Raymond Bérenger V, donc avant 1246, ou à son gendre, Charles d’Anjou. Mais cet appareillage date certainement du milieu du XIIIe siècle.

Une fenêtre à meneau emblématique du Gothique flamboyant !

Notre éminent professeur émérite a aussi le mérite d’enrichir notre vocabulaire en évoquant, à propos de la fenêtre à meneau, restaurée à l’identique à partir des rares éléments restés en place :

  • le larmier, également appelé coupe-larme : c’est la partie saillante transversale basse d’une corniche ou d’un appui de fenêtre en façade, qui a pour fonction d’éloigner l’eau de ruissellement du mur pour éviter son infiltration. Le larmier se retourne à angle droit au niveau de la traverse de la fenêtre à meneau, comme une sorte d’oreillette. C’est un motif signature de la Provence, qui sera ensuite exporté à Rhodes et à Chypre.
  • les bases buticulaires de la fenêtre, caractéristiques du XVe siècle : la base buticulaire d’une colonne est composée d’éléments verticaux juxtaposés, présentant des similitudes avec la forme d’une bouteille, ce qui expliquerait son nom. À partir du XVIe siècle, les architectes de toute l’Europe réadoptent les codes antiques.

Percez les autres mystères du site en participant à la visite guidée du Château !

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